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07/07/2009

Back in Gisborne

Par Léa Brassy

Me voilà de retour dans la région de Gisborne, qui semble être le meilleur parti pour ces conditions hivernales. David et Darnelle m’ont à nouveau accueillie comme un membre de la famille. Je me sens tellement bien dans ce petit cocon au bord de l’eau, à surfer quand le surf est bon et à prendre part à toute sorte de missions quand le temps est mauvais: couture, cinéma, ballade, cours de français, marché… J’ai scoré à nouveau quelques incroyables sessions sur la plage de Wainui. J’ai finalement décidé de prendre la route vers le sud, de continuer l’aventure et de voir ce qui ce passe.


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Le lac Waikaremoana.

Situé au nord de Wairoa, le lac Waikaremoana est un grand lac formé il y a environ deux mille ans par un énorme glissement de terrain qui a refermé le lit d’une rivière importante, formant petit à petit un lac au-dessus de la forêt. Une communauté Maori vis là-bas depuis des centaines d’années, entre chasse, pêche et plantations. Le lac offre une atmosphère particulièrement paisible au milieu de paysages grandioses, parmi lesquels le plus haut point est Panekiri Bluff, situé à 1100m. Un chemin de randonnée parcours 46 km autour de ce lac, offrant notamment un point de vue époustouflant depuis le sommet, avec d’un côté la presqu’île de Mahia et de l’autre le lac. J’ai toujours rêvé de marcher plusieurs jours en solitaire sans jamais vraiment passer à l’action. Je me suis donc lancée à l’aventure pour quatre jours, trois nuits. Des huttes sont prévues pour les randonneurs, environ toutes les 5 heures de marche, avec un chauffage et des banquettes pour dormir.


La première journée a été la plus éprouvante car il s’agissait de grimper au sommet du Panekiri Bluff, alourdie par mes provisions pour quatre jours. Mais le jeu en valait la chandelle. Régulièrement, le chemin passait au bord de la falaise, dégageant une vue extraordinaire sur le lac, entre rafales de vent et nuages mystérieux. En redescendant vers le bord du lac, la forêt native, où règnent entre autres de monstrueuses fougères arborescentes, évolue et se transforme pour s’adapter au microclimat de la vallée. Ainsi, quelques pas suffisent à découvrir un paysage différent. Le bush donne l’impression d’une constitution parfaite: qu’il pleuve ou qu’il vente, j’étais au sec (plus ou moins) et abritée du vent, me procurant une sensation de sécurité et me protégeant du froid.

Ainsi se sont écoulées les heures de marche, beaucoup plus facilement que je ne l’aurais imaginé. J’errais dans mes pensées, souvent distraite par les chants d’oiseux et par les paysages insolites, mes pas s’enchaînaient sans me poser d’autre question. Et j’ai pris goût, chaque jour, à renfiler mes habits sales et à endosser mon sac à dos encombrant, bien que muni du strict nécessaire. Tout ces instants offerts par la nature, avaient un goût nouveau, une excitation que je ne connaissais pas. Je me sentais chouchoutée par le lac, entourée par toutes ces branches, comme des tentacules.

Je compte au nombre de trois les personnes que j’ai croisées. A chaque fois, une rencontre singulière entre deux monde, la passion du bush et celle de l’océan. Deux univers qui, au delà de leurs divergences, se rejoignent bien des fois, soulignant la beauté de l’humanité. Ces rencontres m’ont permise d’apprendre sur la faune et la flore natives, la chasse aux opossums et la sauvegarde des kiwis sauvages.

Un pincement au cœur s’est fait sentir sur les derniers kilomètres, j’étais triste de quitter ce paradis vert. Je m’étais habituée à l’odeur et aux sons du bush, au vert omniprésent. Je suis sortie de la forêt comme un oiseau tombe du nid, éberluée de voir des paysages si monotones en regard de la richesse du bush.
Sans réfléchir, comme par instinct, je me suis dirigée vers l’océan.
La presqu’île de Mahia.

D’une configuration géographique insolite, entre Wairoa et Gisborne, la presqu’île de Mahia possède, sous son abord un peu désertique, des charmes que seul le temps permet de découvrir. Arrivée il y une dizaine de jours avec une tempête de sud, je m’enamoure chaque jour un peu plus de l’endroit. Parce que les vagues sont de qualité déjà, et puis parce que les locaux sont très accueillants avec moi, et enfin certainement parce que la presqu’île est de toute beauté. Comme pour toute chose, il m’a fallu être patiente et attendre que s’épuisent les tempêtes avec leur lot de nuages épais et de pluies abondantes. Petit à petit, les éléments se sont apaisés, laissant place à des conditions météorologiques beaucoup plus favorables. J’ai ainsi pu surfer les reefs sur lesquels j’avais des vues depuis quelques jours! Une droite massive et longue, aimant les solides houles du sud, fonctionne assez régulièrement. J’ai mesuré sa réputation aux nombres de surfeurs faisant la route depuis Gisborne ou Napier pour la surfer. Autour, il y a différentes options selon le vent du jour et la direction que prend la houle. Je ne vais, vous en conviendrez, ni les décrire trop précisément ni les nommer, vous laissant le plaisir de les découvrir. La température de l’eau se fait de plus en plus froide, particulièrement quand le vent vient du sud et il faut désormais une combinaison épaisse et des chaussons!

J’ai, surf après surf, fait connaissance avec les locaux, une bande de quadragénaires sur motivés qui n’hésitent pas à se mouiller dès l’aube pour une bonne session, tout de même glaciale. Ils sont d’une gentillesse incomparable et me font partager l’amour qu’ils portent à cet endroit. Bien souvent, quand les vagues sont bonnes, il n’y a plus ni maçon ni charpentier ni pêcheur en activité dans le village, ils sont tous à l’eau! Et avec le sourire, car là est leur secret, dans la joie et la bonne humeur, les soucis attendront bien le lendemain. Inutiles de vous dire qu’ils aiment leur style de vie et c’est peut être pour cela qu’ils sont si généreux, les bonnes choses gagnant à être partagées.

Je me suis installée au camping du village, lieu de rassemblement des gens de passage. Il y règne une ambiance chaleureuse, ou quelques incongrus bravent l’hiver pour un peu d’aventure. Je crois que je suis là pour quelques temps encore et si je viens à manquer de provisions, j’irai ramasser des coquillages, car ils sont délicieux!

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